Anthropocène, dis-moi, combien tu t’appelles ?

Vincent Devictor

Source : Terrestres, Revue des livres, des idées et des écologies
https://www.terrestres.org/2019/05/26/anthropocene-dis-moi-combien-tu-tappelles/

26 mai 2019

Avec le temps qui passe, les rapports alarmants se succèdent, nourrissant autant tribunes inquiètes et promesses satisfaites. Mais que cache cette volonté de toujours mieux quantifier le ravage écologique en cours ? Quelle politique cette quantification peut-elle servir ?

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C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : «  Jusqu’ici, tout va bien. Jusqu’ici, tout va bien. Jusqu’ici, tout va bien.  » Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage…

Hubert dans La Haine, 1995
L’Anthropocène et les récits d’effondrement contemporains pourraient s’écrire comme la somme d’une suite de chiffres, eux-mêmes issus d’une suite de rapports, à leur tour issus d’une suite de conférences et de sommets internationaux. L’Anthropocène, c’est aussi l’histoire d’une quantité de quantités décrivant que tout va très mal et que ce sera bientôt pire. Les organisations comme la FAO, le GIEC, le WWF et l’UICN nous informent régulièrement sur « l’état » de la Terre et sur sa « trajectoire ». Les grands journaux scientifiques participent à cette accumulation par des synthèses, des modèles ou des observations inédites et « avertissent l’humanité » de la gravité de la situation générale1.
Les observations satellites et les technologies dites « embarquées » permettent d’établir des cartographies précises du moindre recoin de la Terre et de nos productions multiples qu’il s’agisse de gaz, de particules fines, de lumière, de bruit, de routes, d’huile de palme ou de bois issu de la déforestation.
Cette actualité de chiffres et ces images d’une terre « en observation » aussi grandiose que difficile à se représenter sont saisissantes, révoltantes, ou démotivantes. C’est selon.
Mais qui ou quoi observe la chute ? Et la chute de quoi et de qui au juste ? Et pour dire quoi ?

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Succession des rapports « planète vivante  » accumulés par le WWF depuis 1998 (https://www.wwf.fr/champs-daction/rapport-planete-vivante).

Un inventaire à la pervers
Chacun peut, à la rubrique nécrologie des récits sur l’Anthropocène, faire sa propre composition. Voici l’une d’entre elle, construite en juxtaposant des chiffres glanés dans les rapports et les publications de hauts rangs. Chaque chiffre pétrifie (littéralement « change en pierre » ou pourrait-on dire « change en Terre ») et renvoie à d’autres chiffres, qui malgré la prudence avec laquelle il faut les mobiliser au regard de la difficulté technique de leur établissement2, sont toujours plus sidérants :
Les trois quart des terres sont profondément affectés par les activités humaines3. La conquête spatiale de la terre ne ralentit pas, elle s’emballe. Rien que depuis 1990 un dixième des habitats intacts de la terre a été définitivement détruit4. À ce rythme, c’est 90% de la surface des terres qui sera sous influence humaine directe en 2050. Et c’est un carnage : 72% des espèces menacées ou quasi-menacées d’extinction le sont sous l’effet de la surexploitation, du commerce et de l’agriculture intensive qui causent et résultent de cette transformation des terres 5. Cette conversion s’accompagne d’un dopage chimique et hydrique : une hausse de 700% de l’utilisation globale d’engrais en 40 ans et de 70% de l’irrigation6. Entendons-nous. La conséquence de cette conversion massive n’est pas la disparition de quelque espèces déjà rares.C’est l’hécatombe : on a mesuré le déclin de 60% d’un indice qui reflète l’effectif des populations de vertébrés sauvages en 40 ans7. Au bilan, seulement 4% de la biomasse de vertébrés terrestres est encore représenté par des espèces sauvages. 60% de cette biomasse correspond aux animaux d’élevage et 36% à la biomasse de la seule espèce humaine. Désormais, le poulet à lui seul représente 70% de la biomasse des oiseaux8.
En dehors des vertébrés c’est le même tableau. On parle d’une « apocalypse » pour les insectes de certaines régions : en Allemagne on observe par exemple une chute de plus de 75% de la biomasse des insectes ces 30 dernières années. Et encore, ce sont dans les zones dites « protégées ». A l’échelle globale, le déclin des insectes se généralise9.
L’état des mers est tout aussi éloquent avec une dégradation massive des récifs coralliens (-40% depuis 1990) ou des mangroves (-20%)10. Quant aux poissons, nous les pêchons trop et trop vite. La plupart sont largement surexploités depuis plusieurs décennies11. Le changement climatique vient s’ajouter aux causes de cette mortification de l’océan12 déjà saturée par le trafic maritime.

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Cartographie des routes maritimes et de leurs impacts. Issue des travaux de Pirotta et al. 201813

Les scientifiques qui synthétisent ces chiffres au niveau global ont d’ores et déjà qualifié la situation de « défaunation  »14 ou d’ « annihilation »15. Pour le déclin des insectes c’est un « Armageddon écologique » qui est employé pour qualifier le phénomène16.
Les humains, certains plus que d’autres, ne sont pas épargnés : les maladies provoquées par les pollutions ont causé environ 9 millions de décès en 2015. C’est bien plus que l’alcool, les accidents de la route, la malnutrition infantile et maternelle. C’est trois fois plus que les décès attribués au SIDA, la tuberculose et le paludisme combinés. C’est près de 15 fois plus de morts que la guerre et toutes les formes de violence17.
Trop c’est trop. Cette fois « le compte est bon ».
Et pourtant, ces chiffres ont ceci de pervers qu’ils nourrissent – au lieu de questionner – deux antichambres de l’Anthropocène. Deux lieux d’attente contemplative d’une quelconque transformation profonde des causes de la situation et d’une décision politique miracle. L’une de ces chambres fait figure de chambre froide, l’autre de bouillon de culture de l’Anthropocène.

Les deux antichambres de l’Anthropocène
La première antichambre, froide, est « l’entrepôt » de l’Anthropocène. Entrepôt dans lequel nouveaux rapports, nouveaux chiffres, nouvelles cartes, s’accumulent depuis près d’un demi-siècle. Il y a quelque chose de glacial dans cette accumulation de chiffres qui pointent tous dans la même direction depuis des décennies. Étrange situation que de créer de l’oubli et de l’ignorance en accumulant un savoir. Savoir auquel nous avons du mal à croire. Cela fait au moins 40 ans que les alertes sur le changement climatique, les pesticides et la destruction d’habitat sont formulées, chiffres à l’appui18. Les chercheurs Français qui ont signalé que le printemps 2018 était bel et bien silencieux tant le chant des oiseaux communs se faisait rare19 n’ont fait que réactualiser, plus de 50 ans plus tard, la prophétie de Rachel Carson de 1962.
L’histoire des sciences nous apprend pourtant le rôle déterminant des chiffres comme outil de re-politisation d’un problème. Trust in numbers20. C’est le mot d’ordre que l’on pourrait retenir pour caractériser comment le chiffre a pu servir d’arme de riposte face à l’affaiblissement politique. La création des statistiques et des sondages en fut la conséquence. Pour le meilleur (pour dénoncer une situation) comme pour le pire (pour manipuler une information à des fins de propagande).
Mais les chiffres de notre entrepôt sont devenus autres. Ils nous montrent un état des lieux d’autant plus vertigineux que le diagnostic d’une chute accélérée est émis depuis nulle part et se borne à des analyses quantitatives. Car enfin, quel est ce monde dont la Terre se résume en quelques chiffres ? Ces chiffres sédimentaires laissent en suspens leur sens matériel et politique. Tous les énoncés chiffrés deviennent dès lors possibles : les objectifs de « ralentir [ou stopper] d’ici 2010 la perte de biodiversité » ; « de baisser la température de la terre ».
Avec de telles formules, l’échec est contenu dans l’énoncé pourtant censé fixer un cap. Ces mêmes chiffres peuvent être utilisés avec la même force pour dire à peu près n’importe quoi. Par exemple « la protection de la nature est un succès avec un doublement du nombre d’aires protégées depuis 1990 ». À ce titre, le terme même de biodiversité est convoqué pour désigner un vivant vague, des objectifs abstraits et invérifiables. Un signifiant devenu insignifiant. À ce compte-là, il y aura toujours quelque chose de pourri au royaume de l’Anthropocène : son chiffrage contribue à nous faire rater son déchiffrage.
Une manière de repolitiser la question consiste à se demander qui « entrepose » ces chiffres et dans quel but ? Quel est l’agenda implicite de ces quantifications ?
Dans le dernier rapport du WWF, comme dans les précédents, les choses sont claires. Ce rapport « informe sur la dégradation grandissante de nos écosystèmes et indique la marche à suivre pour rendre notre planète durable ». Sauf que. La marche à suivre est, dans ce même rapport, celle d’un cadrage systématique de la crise de la biodiversité en termes de services écosystémiques et de recherche de bien-être d’une humanité prétendument unifiée21, tournant le dos à l’analyse lucide des injustices, des inégalités et des responsabilités. La remise en question du modèle économique dominant, les approches non instrumentales de la nature, les injustices environnementales ou les relations de pouvoirs, ne font pas parties de la marche à suivre.
Politique de rapports, politique du report. Report dans le temps et report de responsabilités. L’entrepôt est construit sur le mode de la sobriété politique, tout juste destinée à faire les vagues qu’il faut pour que l’on s’imagine que « la terre » et « l’humanité » sont surveillées constamment et correctement.
La deuxième antichambre, bouillonnante, correspond en somme au cabinet des curiosités qui tiennent lieu de « solutions ». Dès lors que je peux quantifier l’état du « système terre », je me donne la possibilité de le traiter en système clos, contrôlable. Cette antichambre fait figure de moteur, de réacteur d’un vaisseau piloté. On y développe les espoirs les plus fous de régler les problèmes par des technologies ou des changements de comportements miraculeux. C’est l’image que l’UICN utilise pour décrire l’utilité d’un « baromètre du vivant ». C’est aussi l’image que le Millenium Ecosystem Assessment utilise pour symboliser le scénario « Technogarden », société de contrôle de la nature à grand renfort de technologies. C’est curieusement la même image que Francis Bacon utilise dans sa Nouvelle Atlantide pour y développer son idéal du progrès en 1627. « Scientia potentia est » disait Francis Bacon pour caractériser le tournant d’une science moderne. Comprendre et mesurer, c’est pouvoir.
Le pouvoir de l’homme mâle et blanc en particulier, qui figure, au passage, toujours aux commandes dans ces tours de contrôle et en surplomb, au-dessus du monde matériel et biologique (comme l’illustre la figure ci-dessous). Autrement dit, les mesures de la démesure que l’on peut piocher dans l’entrepôt appellent machinalement à voir grand et fort lorsqu’il s’agit de chercher des « solutions ».

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L’image du pilote au sommet : A) Tenant dans sa main le baromètre du vivant (IUCN), B) planifiant l’occupation de l’espace (issu de MEA22), ou C) Dans une gravure de Francis Bacon réalisée en 1627, au sommet de la connaissance, dominant ce qui se passe sur terre et dans le ciel.

C’est là que l’esthétique du sublime, telle que la caractérise Jean-Baptiste Fressoz, exprime toutes ses fantaisies23. Car les « solutions », grisantes, s’inscrivent de facto dans la lignée des grands projets de développement qui reconnaissent et investissent le système terre comme une machine à piloter24. C’est cette nouvelle politique des grands nombres qui assure le lien entre les deux antichambres.
Si l’on en croit ce récit et le programme correspondant, nous pouvons et devons « guider la trajectoire de la terre »25 puisque nous sommes devenus à la fois les « navigateurs »26 et les « capitaines du navire » Anthropocène. Climat ou biodiversité se conçoivent comme deux variables à ajuster d’un gigantesque baromètre : « Et 2 degrés de plus pour 2030, 2 ! Qui dit mieux ? 1.5 à droite ? 2.5 à gauche ?  ». Rien ne va plus. Nous voici dans la salle de la machine infernale dont il faut reprendre le contrôle. La dimension politique se trouve ici sublimée par ces mêmes chiffres englobants ainsi décrits par Fressoz : « les statistiques globales de consommation et d’émissions compactent les mille manières d’habiter la terre en quelques courbes, effaçant par la même l’immense variation des responsabilités entre les peuples et les classes sociales »27.
Le projet politique n’est plus celui de la sobriété passive mais celui des promesses salvatrices de la géoingénieurie ou de la vertu des « petits gestes » individuels accumulés de recyclage et d’énergie « propre ». Mais pourquoi, justement, tant de promesses, pourrait-on s’écrier en reprenant l’interrogation que provoque tant de récits technophiles28 ?
Sublime, donc, mais aussi ridicule.
Nous voici pris au piège : le chiffrage de l’Anthropocène est absolument nécessaire. La situation écologique, quel que soit son nom, n’est pas qu’une construction sociale proposée par des universitaires alarmistes. Et certaines ONG productrices de ces chiffres ont aussi un rôle d’alertes salutaires sur lequel les médias et la société civile peuvent s’appuyer.
Mais s’ils ont pour vocation de devenir une fin en soi, ces exercices de quantification semblent seulement nous autoriser à regarder la chute en répétant “Jusqu’ici, tout va bien.” “Jusqu’ici, tout va bien.” “Jusqu’ici, tout va bien.” Soit depuis l’entrepôt désincarné qui ne fait qu’accumuler froidement ces chiffres, soit depuis la tour de contrôle d’on ne sait quel destin.
Dans une lecture plus poétique, il devient alors presque doux de contempler la catastrophe…notamment celle des « autres ». Choses, vivants, humains – ou non – sont dans une tourmente qui ne me concerne pas, voir qui me réjouit, tel que Lucrèce nous invite à le méditer dans son De rerum natura…. Suave mari magno… « Il est doux, lorsque les vents troublent les flots sur la grande mer, de regarder depuis la terre les rudes épreuves d’autrui… ».

A l’ombre des nombres
Parlons-en, de ces naufragés. Il y a bel et bien un monde, des mondes, dans lesquels ces myriades de choses en pierre, en air, en eau et ces myriades de vivants en feuille, en chair ou en os ont été détruits, modifiés ou s’accumulent. Les victimes humaines des injustices environnementales ne sont pas non plus épargnées. Les réalités humaines et biophysiques doivent être connues, montrées. Les chiffres globaux devraient faire éclater et non gommer le sens d’une telle réalité.
Ces chiffres devraient donc expliciter leur contenu, ne pas rester à l’état de contenant dépolitisé. Il y a, comme pour les mots, un euphémisme sournois du chiffre, un oubli et un non-dit qui l’accompagne.
Il est facile de réécrire certains mots communs pour expliciter ce qui est implicite dans l’Anthropocène29:
• Déclin de la biodiversité ? Tir, empoisonnement, noyade, étranglement, délits.
• Transformation des terres ? Prédation. Conquête. Profit. Impérialisme.
• Pilotage de la terre ? Arrogance. Domination. Mépris.
• Développement durable ? Hypocrisie. Idéologie capitaliste. Croissance infinie. Technophilie.
Certes, les chiffres se réécrivent moins facilement. Mais comme les mots, ils cachent des choses et des vivants qui ont un lieu et une histoire que leur regroupement en quantité globale laisse de côté. Une copie abstraite purement quantitative du monde s’est ainsi trouvée forgée. Simulacre d’un réel qui brouille les causes du désastre écologique dont nous sommes les témoins mais dont les effets et les responsabilités ne sont pas partagés.
« Déclin de 3% des populations d’oiseaux et impact de l’urbanisation et des pesticides sur les oiseaux ? » comprendre et imaginer « tas de cadavres de milliards d’individus qui s’assomment sur les vitres et s’empoisonnent dans les champs ».

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Montage réalisé par l’association FLAP (Fatal Light Awarness Program) qui cherche avec un suport concret à attirer l’attention sur les dégâts causés par les constructions urbaines sur les oiseaux, https://www.flap.org/who-we-are.php

Re-politiser les chiffres peut démarrer par approfondir leurs significations matérielle et biologique. Mais qu’il s’agisse de la construction d’un barrage, d’un aéroport, d’une zone commerciale ou d’un programme politique englobant, demandons-nous quel est l’agenda politique qui motive la destruction ou le dénie qui en résulte ? Il est temps de sortir de l’ombre des nombres. L’analyse des rapports de force, des relations de pouvoir, des lobbys et des idéologies aveuglantes demeurent un rempart à l’objectivisme déclamé et intimidant des chiffres.
Remerciements
Je remercie très chaleureusement Virginie Maris, Maxime Chédin, Pierre de Jouvencourt, Denis Chartier et Aurélien Gabriel Cohen pour leurs précieuses relectures et suggestions

Notes
1. Ripple, W.J. et al. (2017) World Scientists’ Warning to Humanity: A Second Notice. Bioscience XX, 1–9
2. Nous n’abordons pas ici les multiples difficultés techniques à l’établissement de ces chiffres, ni les extrapolations et exagérations qui les accompagnent souvent. Il s’agit par exemple non pas « des vertébrés » mais « des vertébrés pour lesquels des données sont disponibles ». Les publications de situations de stabilité ou de croissance de populations sont également bien moins courantes que celles qui concernent les déclins. Certaines de ces études repose sur des quantités de données phénoménales d’autres sur des données parcellaires, les incertitudes varient considérablement et sont rarement discutées. Mais ces nuances n’occultent ni la gravité de la situation, ni la multiplication avérée des extinctions et des déclins de nombreuses espèces. La progression du nombre et de la qualité des observations depuis les années 80 se double d’une confirmation du statut de crise et du déclin de la biodiversité mais aussi des causes anthropogéniques de cette situation. Godet, L. and Devictor, V. (2018) What Conservation Does. Trends Ecol. Evol. In press,
3.IPBES (2018) Summary for policymakers of the thematic assessment report on land degradation and restoration of the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and ecosystem Services
4. Watson, J.E.M. et al. (2016) Report Catastrophic Declines in Wilderness Areas Undermine Global Environment Targets. Curr. Biol. 26, 2929–2934
5. Maxwell, S. et al. (2001) The ravages of guns, nets and bulldozers. Nature 536, 144–145
6. Foley, J.A. et al. (2005) Global consequences of land use. Science (80-. ). 309, 570–574
7. WWF (2018) WWF. rapport planète vivante 2018
8. Bar-On, Y.M. et al. (2018) The biomass distribution on Earth. Proc. Natl. Acad. Sci. 115, 6506–6511
9. Sánchez-bayo, F. and Wyckhuys, K.A.G. (2019) Worldwide decline of the entomofauna : A review of its drivers. Biol. Conserv. 232, 8–27
10. Mccauley, D.J. et al. (2015) Marine defaunation : Animal loss in the global ocean. Science (80-. ). 347, 247–256
11. Pauly, D. et al. (1998) Fishing Down Marine Food Webs. Science (80-. ). 279, 860–863
12. Cheung, W.W.L. et al. (2013) Signature of ocean warming in global fisheries catch. Nature 497, 365–368
13. Pirotta, V. et al. (2018) Consequences of global shipping traffic for marine giants. Front. Ecol. Environ. DOI: 10.1002/fee.1987
14. Dirzo, R. et al. (2014) Defaunation in the Anthropocene. Science (80-. ). 345, 401–406
15. Ceballos, G. et al. (2017) Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines. Proc. Natl. Acad. Sci. DOI: 10.1073/pnas.1704949114
16. Leather, S.R. (2018) “Ecological Armageddon” – more evidence for the drastic decline in insect numbers : Insect declines. Ann. Appl. Biol. DOI: 10.1111/aab.12410
17. Landrigan, P.J. et al. (2018) The Lancet Commissions The Lancet Commission on pollution and health. Lancet 391, 462–512
18. Santer, B.D. et al. (2019) Celebrating the anniversary of three key events in climate change science. Nat. Clim. Chang. 9, 180–182
19. https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs
20. Porter, T.M. (1996) Trust in Numbers, Princeton University Press.
21. La notion de service écosystémique comme celle de « bien-être » sont devenus les mots clés d’une vision instrumentale et anthropocentrée des problèmes écologiques et de leurs résolution. L’écosystème et ses composantes sont interprétés dans cette approche comme autant de « services » rendus gratuitement aux « sociétés humaines » ou à « l’humanité » dans son ensemble. Cette vision a été proposée dans les années 1990 comme un levier politique par des écologues. Elle a ensuite été largement reprises en écologie scientifique, en économie de l’environnement ou par les décideurs. Le concept de service écosystémique comme celui de « bien-être » ou « d’humanité » impose une approche normative et pose des difficultés éthiques, scientifiques et pratiques majeures rarement explicités. Maris, V. (2014) Nature à vendre, Quae
22. MEA (2005) Ecosystem and Human Well-being: Synthesis, Island Press
23, 27. Fressoz, J.-B. http://mouvements.info/sublime-anthropocene/
24. Griggs, D. et al. (2015) Sustainable development goals for people and planet. Nature 495, 305–307
25. Steffen, W. et al. (2018) Trajectories of the Earth System in the Anthropocene. Proc. Natl. Acad. Sci. United States Am. 115, 8252–8259
26. Biermann, F. et al. (2015) Navigating the Anthropocene : Improving Earth System Governance. DOI: 10.1126/science.1217255
28. Audétat, M. (2015) Sciences et technologies émergentes : pourquoi tant de promesses?, Herman.
29. Johns, D. and DellaSala, D.A. (2017) Caring, killing, euphemism and George Orwell: How language choice undercuts our mission. Biol. Conserv. 211, 174–176

La part sauvage du monde. Penser la nature dans l’Anthropocène

Virginie Maris, Seuil, 259 pages
Compte rendu par Jean-Claude Génot

Source : Naturalité. La lettre de Forêts sauvages. No 20. Mai 2019, p. 21.

Le monde de la conservation s’est déjà transformé puisque l’on est passé de la protection de la nature à la gestion de la biodiversité sans que certains ne se soient vraiment rendus compte des implications de ce changement de sémantique. Le livre de la philosophe Virginie Maris arrive bien à propos pour nous mettre en garde contre les discours actuels des tenants de l’anthropocène. Ces derniers que les écologistes américains nomment les « neo greens » s’appuient sur la crise écologique pour dire qu’il est temps de gérer le système Terre de façon globale et de modifier nos approches et nos sciences de la nature, car pour eux il n’y a plus de nature. La situation du réchauffement climatique appelle des solutions radicales comme la géo ingénierie, ce qui ressemble fort à une fuite en avant technologique. Pour l’auteure : « Un tel programme signe ainsi non seulement la n de la nature, mais également la n de la culture, ou en tout cas la n des sociétés telles que nous les connaissons ». La philosophe met aussi en garde les conversationnistes contre le recours extrême à l’artifice et au contrôle pour reconstituer des écosystèmes et appelle à « résister aux sirènes de la technologie ». L’auteure critique également la marchandisation de la nature et toutes ces notions de « services écosystémiques », de « compensation écologique » et « d’évaluation monétaire de la nature »
qui visent à absorber la nature dans la logique de marché. Alors que Virginie Maris a bien identifié les menaces sans précédent qui pèsent sur la nature, elle relève le dé de défendre plus que jamais la nature sauvage en tant qu’extériorité à l’homme car : « Penser l’extériorité de la nature, c’est accepter de se donner des limites, de borner notre empire » et nous rappelle fort justement que : « c’est encore 90 % de l’histoire de notre espèce qui relèvent de la vie sauvage ». L’auteure souligne l’importance de considérer la nature sauvage comme une altérité à respecter et une autonomie dont l’homme peut s’inspirer. En n, outre le fait que Virginie Maris arrive à rendre son livre de philosophie d’une lecture agréable, elle nous livre un « kit » de défense intellectuelle du sauvage face aux nombreuses critiques qui sont faites à ses défenseurs. Pour l’auteure, la défense de la part sauvage du monde n’est pas une démarche fixiste, elle n’est ni un signe de misanthropie, ni une démarche néo- coloniale. En guise de conclusion elle souligne : « il est également urgent de préserver des espaces et des territoires où les êtres de nature peuvent faire sans nous » : un conseil que les gens de Forêts sauvages ont déjà mis en pratique.

Pétition POLLINIS

Source : http://www.pollinis.org, décembre 2018.

 

Nous pensons utile de communiquer à nos lecteurs l’appel et la pétition ci-après que POLLINIS a adressée à ses adhérents courant décembre 2018.
Fondation Biosphère et Société
Madame, Monsieur,
Le 13 décembre 2018, à Bruxelles, des représentants des Ministères de l’Agriculture européens se sont réunis à huis-clos, sans caméra ni compte-rendu…
Dans l’opacité la plus totale, ils ont décidé d’enterrer – une fois encore – un document fondamental, qui permettrait d’enrayer rapidement le dramatique déclin des populations d’abeilles et d’insectes pollinisateurs sauvages dans tous les pays européens. Mais aussi de mettre un terme au système scandaleux qui permet à l’industrie agrochimique d’engranger de copieux profits en ignorant délibérément les effets dévastateurs de leurs pesticides tueurs d’abeilles !
Ce document – l’EFSA Guidance Document – a été rédigé par un panel de plus de 30 scientifiques indépendants, choisis parmi les meilleurs spécialistes européens, et décrit les « tests abeilles » qui devraient être menés pour connaître réellement  l’impact des pesticides sur les pollinisateurs AVANT leur mise sur le marché.
Mais sous l’intense pression du lobbying des firmes agrochimiques, les responsables politiques censés nous protéger, nous, notre alimentation, notre santé et notre environnement, viennent d’enterrer une réforme désespérément nécessaire.
Cette décision irresponsable n’a été assumée par aucun des Etats membres de l’Union européenne, et reste ignorée de la grande majorité des citoyens européens. Mais son but est extrêmement clair : sécuriser les bénéfices colossaux des géants de l’agrochimie pour les années à venir.
Eux vont sabrer le champagne dans les jours qui viennent…
Car si ce document avait été adopté, la grande majorité de leurs poisons-tueurs d’abeilles ne pourraient tout simplement plus être déversés dans les champs.
Un consortium réunissant Bayer, Syngenta, Dow Chemicals, et d’autres géants de l’agrochimie a testé plus de 150 pesticides avec les nouveaux protocoles demandés par l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Le résultat est accablant : 79% des herbicides testés, 75% des fongicides, et 92% des insecticides, n’ont pas passé les nouveaux tests d’homologation, et devraient être immédiatement retirés du marché, présentant des risques trop importants pour les abeilles domestiques et sauvages.
Comment peut-on laisser les intérêts financiers à court terme de quelques grandes entreprises bouleverser si dramatiquement l’alimentation, l’environnement et l’avenir de toute une population ?!
Pour informer les citoyens de cette trahison insupportable de leurs représentants politiques, et organiser une mobilisation d’une ampleur exceptionnelle, en ralliant toutes les personnes qui refusent de laisser sacrifier les abeilles, la nature, l’alimentation et la santé de toute la population…
Nous faisons appel à vous de toute urgence pour nous aider à faire éclater ce scandale.
Et réunir des centaines de milliers, peut-être même des millions de signatures, pour que les représentants français soient mis face à leurs responsabilités. Et qu’à travers toute l’Europe, les citoyens exigent des comptes de la part de leurs représentants.
Seul notre nombre pourra faire plier les responsables politiques face aux intérêts de l’agrochimie : tous ensemble, obligeons les responsables politiques à adopter d’urgence les « tests abeilles », pour enrayer l’extinction des pollinisateurs – dans notre pays, puis ailleurs en Europe.
S’il vous plaît, signez la pétition lancée par POLLINIS pour faire pression sur la France. Et transmettez ce message massivement autour de vous.

Il faut faire vite :
L’Europe est confrontée à un déclin massif des pollinisateurs et des insectes en général : 75% des insectes volants ont disparu en Allemagne au cours des 30 dernières années. Et d’après les auteurs de l’étude, ce résultat serait généralisable à l’ensemble du territoire européen. Les insectes pollinisateurs sont particulièrement menacés. Derrière le phénomène bien connu des pertes d’abeilles domestiques, se cache un problème majeur : le déclin spectaculaire de tous les types d’insectes pollinisateurs européens – abeilles sauvages, bourdons, papillons, syrphes….
D’après les dernières données publiées par la Commission européenne (EC 2018), « de nombreuses espèces de pollinisateurs sont éteintes ou menacées d’extinction ».
Ce déclin spectaculaire aura de graves conséquences sur la sécurité alimentaire. En Europe, environ 84% des espèces cultivées, et 78% des espèces de fleurs sauvages dépendent de la pollinisation par les animaux. L’extinction des pollinisateurs déclenchera une réaction en chaîne dans l’ensemble de l’écosystème.
Déjà, de récentes études révèlent que le nombre d’oiseaux communs diminue à une vitesse effarante en Europe (Inger et al. 2014) ; en France un tiers de la population d’oiseaux a disparu des zones rurales au cours des 15 dernières années, à cause de la mort des insectes (mnhn 2018).
Une écrasante majorité des chercheurs à travers le monde soupçonnent aujourd’hui fortement les pesticides dernières générations, commercialisés depuis la fin des années 1990, d’être responsables de ce massacre catastrophique perpétré dans un silence assourdissant.
Ils sont présents partout aujourd’hui en quantités industrielles dans notre environnement, dans les champs, les forêts, les sols (83 % des sols européens contiennent des pesticides selon une nouvelle étude), les cours d’eau et les nappes phréatiques… jusque dans nos assiettes et dans l’air que nous respirons !
Tous ces produits aux modes d’action ultra-sophistiqués, et aux effets redoutables pour les abeilles, les pollinisateurs et l’environnement, ont été autorisés à la vente sur la base de tests complètement obsolètes, établis il y a plusieurs dizaines d’années pour des produits aux modes d’action très différents :  les tests censés évaluer l’impact de ces nouveaux pesticides sur les pollinisateurs et l’environnement, ne sont tout simplement pas adaptés aux modes d’actions ultra-sophistiquées des nouvelles molécules, et sont incapables de mesurer leurs effets délétères sur les abeilles et les pollinisateurs.
De l’aveu même de l’industrie agrochimique, 20 % seulement des effets connus des pesticides sur les pollinisateurs, étudiés par les scientifiques du monde entier… seraient aujourd’hui testés avant d’autoriser la vente d’un nouveau produit.
En réalité, si l’on ajoute à cela tous les effets dus aux mélanges des produits chimiques dans la nature, les effets synergistes, les effets cocktails, les effets sublétaux, perturbateurs endocriniens, épigénétiques et transmissibles de génération en génération… on peut dire que les tests requis aujourd’hui ignorent délibérément l’impact des pesticides sur les abeilles et l’environnement.
Et chaque année on découvre de nouveaux problèmes, de nouvelles menaces pour les pollinisateurs.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Pour protéger les cultures face à des insectes, des moisissures ou des champignons de plus en plus résistants aux produits censés les éradiquer (comme les bactéries qui deviennent résistantes aux antibiotiques), les pesticides sont devenus de véritables bombes chimiques à retardement dont les scientifiques ne maîtrisent pas les effets terriblement subtils et la toxicité effarante :
Les néonicotinoïdes, les fameux insecticides « tueurs-d’abeilles » qui viennent d’être interdits en France, sont à dose égale entre 1000 et 7000 fois plus toxiques pour les abeilles que les précédentes générations de pesticides !
Il existe pourtant en France, en Europe et à travers le monde des façons de se passer de pesticides pour produire la nourriture dont le monde a besoin. Les alternatives existent : elles sont complexes à mettre en oeuvre, et doivent être accompagnées, mais elles permettent déjà aujourd’hui de produire en quantités suffisantes. Et les agriculteurs qui les utilisent gagnent systématiquement plus d’argent en économisant sur les pesticides et les intrants chimiques.
Mais, parce qu’ils refusent qu’on abandonne le « tout pesticides » qui leur assure des centaines de millions, voire de milliards d’euros annuels de chiffre d’affaires, les multinationales de l’agrochimie vont chercher des solutions qu’elles n’auraient jamais osé imaginer par le passé…
Avec les conséquences sur les abeilles, les pollinisateurs et l’ensemble de la biodiversité qu’on connaît bien aujourd’hui.
Pour essayer de palier à ces nouveaux risques majeurs posés par des produits déversées en grandes quantités dans notre environnement, sans avoir été testés véritablement, l’EFSA, l’autorité sanitaire européenne, a réuni les meilleurs spécialistes européens pour établir de nouveaux tests capables de déterminer si ou oui non un nouveau pesticide, une nouvelle molécule chimique, est susceptible de décimer les pollinisateurs… AVANT d’être vendue partout en Europe.
Le document qui est sorti en 2013, connu sous le nom de « Bee Guidance Document », a provoqué un tremblement de terre parmi les multinationales de l’agrochimie (Bayer, BASF, Dow Chemical, Syngenta…)
Les « tests abeilles » mettraient un terme à leur impunité : la vaste majorité de leurs produits ne pourraient plus être autorisée. Des centaines de millions d’euros par an, perdus…
Les firmes industrielles ont donc déclenché une tempête de lobbying auprès des représentants des pays européens, qui ont le pouvoir de faire autoriser les « tests abeilles » en Europe.
En mai 2013, le comité bruxellois réunissant les représentants des Ministères de l’Agriculture européens – le SCoPAFF – prenait la décision de ne pas autoriser les « tests abeilles » jusqu’à nouvel ordre, cédant sans justification et sans aucune contrepartie aux exigences de l’agrochimie.
Depuis, les « tests abeilles » ont été mis plus de vingt fois à l’ordre du jour, et chaque fois, ils ont été enterrés.
Mais il nous reste un espoir.
La Belgique, consciente de la gravité de la situation, a décidé d’appliquer les « tests abeilles » au niveau national.
Elle vient de prouver, non seulement que ces nouvelles procédures sont réalisables, contrairement à ce que veut faire croire l’agrochimie, mais aussi qu’un pays peut les imposer sans attendre la validation de l’Europe !
Les citoyens de tous les pays européens doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils mettent en place les recommandations des scientifiques pour évaluer les risques réels pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages !
S’il vous plaît, signez la pétition lancée par POLLINIS pour faire pression sur la France. Et transmettez ce message massivement autour de vous pour faire éclater le scandale et rallier le maximum de citoyens.
Aidez-nous à contrer le pouvoir des lobbies au niveau européen, en obligeant la France à adopter les tests abeilles avant de pouvoir autoriser la vente d’un nouveau pesticide sur son territoire. En obtenant une victoire retentissante en France, bastion de l’agriculture conventionnelle et du « tout chimique », pour sauver les pollinisateurs.
Chaque pays peut décider unilatéralement d’appliquer les nouveaux « tests abeilles » avant d’autoriser la vente d’un nouveau pesticide sur son territoire. – sans attendre l’aval des autorités européennes.
1/ Cliquez ici pour signer la pétition
2/ Transférez cet email à tous vos contacts, en particulier ceux qui se soucient des abeilles, de l’environnement, ou de leur santé, pour les informer et les rallier à notre combat.

Merci par avance pour votre action.
Bien cordialement,

Nicolas Laarman
Délégué général
Pour accéder à la pétition, cliquez ici

Références :
Guidance document (Gd) on the risk Assessment of plant protection products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees) EFSA Journal 2013;11(7):3295
Décision de refus d’accès aux documents concernant le vote du ScoPAFF, DG SANTE 4 mai 2018
Bee Guidance Document and Practical Approach, ECPA 2017 « En pratique, cela voudrait dire que même en ne prennant en compte que les abeilles à miel, 77% de toutes les substances ne passeraient pas les tests du tier 1 et nécessiteraient des études des tiers supérieurs, qui demandent beaucoup de ressources »
Documents de l’ECPA, principal représentant d’intérêts de l’industrie phytosanitaire auprès de l’UE, en préparation des réunions du ScoPAFF :
• 22-23 Mars 2017
• 12-13 décembre 2018
Miles, M., et al. (2018). « Improving pesticide regulation by use of impact analysis: A case study for bees. » Julius-Kühn-Archiv 462: 86-90.
« Risk Assesment of Pesticides on Pollinators in Europe : Obsolete Procedures and Conflicts of Interest », POLLINIS 2018
« Impact des pesticides sur les pollinisateurs en Europe : La France doit réformer de toute urgence son système d’évaluation », POLLINIS 2018
Argumentaire au soutien de la saisine du Médiateur Européen, POLLINIS 2018

POLLINIS Association Loi 1901
10, rue Saint Marc 75002 Paris www.pollinis.org

Pétition à
Monsieur Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture
Monsieur François de Rugy, Ministre de la Transition écologique
Messieurs les ministres,
Attendu que les abeilles et pollinisateurs sauvages disparaissent à un rythme alarmant, mettant en péril l’ensemble de la chaîne alimentaire et nos productions agricoles à l’avenir, et que les scientifiques du monde entier s’accordent sur le rôle déterminant des pesticides dans cette hécatombe ;
Attendu que de l’aveu même des entreprises de l’agrochimie, moins de 15% des effets connus des pesticides sur les pollinisateurs sont aujourd’hui testés avant d’autoriser la vente d’un nouveau produit sur le marché européen ; que les études qui démontrent de nouveaux effets délétères ne sont pas prises en compte par les autorités sanitaires dans leur procédure d’autorisation des substances chimiques ;
Attendu que pour pallier à ces lacunes gravissimes pour les pollinisateurs, l’environnement et notre sécurité alimentaire, l’EFSA (l’autorité sanitaire européenne), mandatée par la Commission européenne, a publié dès 2013 les recommandations d’une trentaine d’experts pour l’élaboration de nouveaux “tests abeilles” permettant d’évaluer véritablement l’impact des nouveaux pesticides et de mieux protéger les pollinisateurs ;
Attendu que ces recommandations ont été frontalement attaquées par les lobbies des firmes agrochimiques et rejetées à plusieurs reprises par un vote collégial des représentants des Etats membres réunis en comité;
Nous, citoyens français et européens, soucieux de préserver les pollinisateurs, l’environnement et le système alimentaire que nous lèguerons aux générations futures, vous exhortons à :
–   Adopter de toute urgence en France les “tests abeilles”, comme la Belgique vient de le faire au niveau national ;
– Voter au niveau européen en faveur de l’adoption de l’intégralité des recommandations scientifiques de l’EFSA concernant les pollinisateurs et encourager fortement l’ensemble des pays européens à agir dans ce sens.

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